Le futur des télécoms

Posted by & filed under Bazar.

L’ARCEP (L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) est l’agence chargée de réguler le secteur des télécommunications en France (ainsi que le secteur postal).
Elle publie dans sa lettre (disponible ici) un intéressant dossier sur le futur des télécommunications. Elle présente les tendances et les évolutions prévisibles mais laisse également la parole à une vingtaine de personnalités qui dresse un futur des télécoms tel qu’il pourrait l’être en 2020.

Les personnes interrogées par l’ARCEP : Didier Lombard (France Télécom/Orange), Jean-Bernard Lévy (Vivendi), Xavier Niel (Iliad), Kaoru Kanazawa (NTT), Nicolas Curien (ARCEP), Axel Türk (CNIL), Yves Gassot (Idate), Philippe Keryer (Alcatel-Lucent), Michel Feneyrol (consultant, ex ARCEP), Alain Bazot (UFC-Que Choisir), David Salant (Ecole d’économie de Toulouse), Thierry Gaudin (Ecole des Mines), Fernando Gil de Bernabé y Varela (Cisco), Valery Timofeev (UIT), Silvia Fukuoka Alvarez et Sebastian Mueller (Google) et, pour le secteur postal, Jean-François Badet (Neopost France) et Martin Raab, Erwin den Exter et Jean-Félix Girardin (Capgemini Consulting).
Du beau monde en somme.

Extrait (pessimiste) d’Alain Bazot, président de l’UFC-Que Choisir

« L’UFC-Que Choisir ne peut que s’inquiéter pour l’avenir du secteur. Il est vrai que l’abandon du marché par Free en 2014 faute de licence mobile à l’heure de la convergence, puis par Bouygues Telecom en 2016, incapable de proposer des contenus attractifs, a laissé place à un duopole peu enclin à entrer dans une lutte concurrentielle au bénéfice du consommateur. (…)

En effet, depuis que SFR distribue en exclusivité les programmes de Canal Plus et qu’Orange a racheté TF1 et M6, la télévision n’apporte plus grand bénéfice aux consommateurs. Elle n’est qu’une maigre consolation pour les nombreux ménages qui sont dans l’incapacité de payer le forfait intégral (Internet, téléphone fixe et mobile, télévision) qui démarre à 75 euros. (…)

On peut également souligner que les forfaits musicaux sont à des prix toujours aussi élevés. Cela dit, est-il encore intéressant de payer 50 euros par mois pour les oeuvres de deux multinationales qui proposent finalement très peu de nouveautés et s’appuient massivement sur de vieux catalogues de musique ? La seule alternative pour le consommateur est alors d’écouter les artistes produits par Orange et SFR, mais là encore il faut choisir son camp. Aller chez Orange pour avoir le dernier album de Lourdes Ciccone (la fille de Madonna, ndlr) ou chez SFR pour écouter le dernier album des octogénaires Rolling Stones ?
(…)

La dernière publication de l’Observatoire des marchés de l’ARCEP du deuxième trimestre 2020 confirme que l’offre française de services numériques reste l’une des meilleures au monde. Et même si le prix moyen des offres des cinq opérateurs numériques stagne à 35 euros par mois, les usages ne cessent de croître. En effet, outre la voix sur fixe et mobile, les SMS, MMS et mini vidéos illimités, Happyusers, le challenger du secteur, vient d’ajouter à son offre la visioconférence HD en illimité, que vous soyez chez vous ou dans la rue avec votre mobile.

Free préfère jouer l’innovation sur la partie filaire en poussant le débit fibre à 2 gigas/seconde. La stratégie du point à point développée dès le départ par l’opérateur s’avère payante. En quelques mois, il est devenu l’acteur des « gamers » accros aux jeux en réseau en extra HD 3D qui nécessitent beaucoup de bande passante. D’ailleurs, Free progresse un peu partout en France grâce aux installations multifibres qui lui permettent d’atteindre la majeure partie de la population. »

Je vais ainsi également essayer de prédire les avancées significatives qui nous attendent dans les années à venir:

  • au niveau progrès technologique, les écrans OLED fins vont faire une progression phénoménale. Donc dimution de la taille de tous les appareils à écran (type télé ou ordinateur). De même après un début laborieux le papier électronique fera une percée et les abonnements papier se transformeront en synchronisation de son lecteur électronique. Je verrais bien ce lecteur de la taille d’un album de BD, on pourrait l’ouvrir et lire le texte sur la page gauche et droite pour un grand format mais la couverture serait également possible pour pouvoir lire avec un faible encombrement.
  • les téléphones vont évoluer vers les smartphones. L’Iphone préfigure le téléphone multimédia de demain : facile d’accès, communicant et multimédia avec un écran lisible et tactile . De même la téléphonie va se transformer avec l’arrivée de la voix sur IP: on se reposera sur les réseaux mobiles à l’extérieur et les réseaux Wifi internes permettront un passage sans transition dans la communication vers la VoIP. Un réseau télécom parsemé « d’oasis de VoIP » où notamment en ville cela deviendra très intéressant. Le réseau LTE (la future norme de réseau mobile de quatrième génération (4G)) permettra également un débit en mode paquet suffisamment élevé pour avoir un accès à Internet réellement mobile qui deviendra ainsi un mode de connexion permanent (pour le meilleur et pour le pire).
  • les réseaux deviendront donc réellement ambiants et ainsi on verra le grand essor de la domotique. Par exemple le frigo communiquera via les codes RFID avec la nourriture à l’intérieur et programmera une liste de course et la commandera si nécessaire par Internet. De même que l’électroménager, le chauffage, etc… La maison deviendra donc communiquante.
  • l’holographie deviendra possible grâce à la fibre optique et la communication entre personnes au domicile prendra un aspect vraiment réaliste.
  • l’augmentation des débits permettra l’arrivée en masse des services multimédias. Le consommateur deviendra maître de son emploi du temps grâce à la VOD des films et des séries. De même l’offre légale de musique en ligne (sans DRM) deviendra suffisamment attractive après un long et douleureux travail. Le piratage existera toujours mais sera plus marginalisé devant l’offre légale qui proposera enfin un modèle viable.
  • fibre optique au domicile et réseaux LTE seraient donc un futur idéal pour la connexion et VOD et offre légale de musique pour les services. Cependant des ombres se dessinent : accord des opérateurs téléphoniques en France (dois-je rappeler qu’on a la minute téléphonique la plus chère d’Europe ?), obstruction sur la quatrième license 3G, création de grands groupes commerciaux englobant des pans entiers de l’industrie des télécommunications et des services et qui maintiennent des coûts elevés et sont peu enclins au changement.

J’ai jeté les idées que j’avais et elles ne sont pas toutes là et prendrait du temps pour être entièrement développées. Cependant cela donne un panorama.

Il nous reste 12 ans d’ici 2020. Quand on regarde 12 ans en arrière en 1996 qui aurait imaginé les technologies actuelles ?

Je pense que 2020 nous reserve les mêmes surprises !

Leave a Reply